La Pêche du Sandre

Publié le 10 Septembre 2014

La Pêche du Sandre

Provenant d’Europe centrale, le sandre (Stizostedion lucioperca) a été importé dans nos eaux au début du XXème siècle. De forme allongée et doté d’un dos bombé, les sandres possèdent, tout comme les perches, deux nageoires dorsales. Leur bouche est largement fendue et leur mâchoire est pourvue de canines et de dents plus petites. Sa croissance est particulièrement rapide et sa fertilité est assez importante. Ainsi, le sandre est capable de repeupler des plans d’eaux où les brochets ont du mal à se reproduire à cause du manque de frayères adaptées.

A la suite de son introduction dans nos eaux, le sandre a connu une explosion démographique assez impressionnante, ce qui a attiré de nombreux pêcheurs de carnassiers.

La Pêche du Sandre

Dans les toutes premières années de sa vie, le sandre se nourrit essentiellement de petits organismes tels que des vers, des larves ou encore des mollusques. Ce n’est que plus tard qu’il s’intéressera à des poissons de plus grosses tailles. A côté de cela, les proies mortes auront de plus en plus d’importance dans son alimentation. A noter que son gosier est particulièrement étroit. Cependant, cela ne l’empêche en rien d’engamer des proies de belles tailles. Il préfèrera tout de même les poissons dont la taille est comprise entre 5 et 10 cm. A un certain moment (dépendant de sa taille), le sandre cherchera à se nourrir essentiellement de proies mortes, sans pour autant abandonner les poissons vivants s’ils sont faciles à prendre. Après avoir passé une période durant laquelle le sandre se nourrit sans relâche, il est possible qu’il reste plusieurs jours sans s’alimenter.

 

 A noter que le sandre n’apprécie pas trop la lumière. On le trouvera donc plus facilement en profondeur ou dans des zones d’ombre. Toutefois, à l’aube et au coucher du soleil, les bancs de sandres n’hésitent pas à s’approcher des bordures afin de trouver des petits poissons leur servant de nourriture.

La Pêche du Sandre

Dès leur plus jeune âge, le sandre adopte un comportement très lunatique et imprévisible ! En quelques secondes il peut passer d’un état indifférent à euphorique. Cela dit, les phases d’inactivité sont les plus régulières et les moments de chasse ne sont que très rarement observables ! 

 

Lors d'un momement de chasse, les dorsales épineuses des sandres trahissaient leur nervosité et d’un coup de fusil, l’ensemble des individus rentrent en chasse . A noter également que la montée en activité d’un ou plusieurs individus déclenchait les suivants… Constat que l’on peut parfois retrouver au bord de l’eau avec le déclenchement d’une fenêtre d’activité alors que quelques instants auparavant, rien ne bougeait !

 

Donc majoritairement, on pêche un poisson qui est inactif.... mais on arrivera souvent à lui faire ouvrire la gueulle !!

La Pêche du Sandre

Pour la pêche, il y a certains paramètres à connaitre.

Pour trouver la pêche du jour, il  va falloir essayer de balayer un certain nombre de pistes qui mènent le pêcheur vers les sandres et non l’inverse. Tout commence au bord de l’eau, le pêcheur se doit d’avoir des idées préconçues sur la pêche du moment. Des pistes de réflexion qui sont liées aux conditions météorologiques, aux niveaux d’eaux, aux types de milieux ou à la saison.

 

Sur un lac de barrage, en période estivale, la pêche se fera bien souvent dans 0 à 6m de profondeur, alors qu’en hiver, par eaux froides, il faudra chercher les boules de poissons fourrages dans des profondeurs plus importantes comme 6 à 15m voire même plus.

Ainsi d’une époque à une autre, on peut vite avoir une idée d’où peuvent se tenir les sandres.

 C’est de la même manière que l’on va choisir son leurre, l’été la pêche se fera généralement sur des tailles de leurres plus réduites (taille 7 à 10 cm) qu’en hiver (10 à 15 cm). On pourra aussi pêcher les sandres aux poissons-nageurs, au leurre souple en linéaire et toutes autres techniques « linéaires ».

Alors qu’en hiver, il faut ralentir les présentations. C’est là que la verticale et ces dérives prennent beaucoup d’importance. Il ne s’agit pas d’une vérité absolue mais plutôt  de grandes lignes de conduite, elles peuvent permettre (en amont) de préparer les leurres à employer, les grammages de têtes plombées et permettre un choix sur les postes que l’on va essayer de peigner et ceux que l’on va éviter.

La Pêche du Sandre

Maintenant, il faut savoir qu'elle est l'humeur du poissons. Et le meilleur partenaire du pêcheur est le sondeur pour pêcher le sandre. Je le recommande car c'est vraimment un bon outil de "travail".

La Pêche du Sandre
La Pêche du Sandre

Dès la mise à l’eau, le premier point important consiste à bien lire les informations que nous donne le sondeur. Si vous naviguez dans des profondeurs de 10 ou 15m et que vous observez  90% de la masse piscicole se tient entre 5 et 7m, la première analyse devra vous faire réagir et vous dire de vous rapprocher du bord pour essayer de pêcher dans les poissons, là où on va trouver les premiers poissons dans les structures à leur « hauteur d’eaux ».

 

Pour simplifier, je vais essayer de retrouver au sondeur des profondeurs comprises entre 5 et 7m pour débuter ma pêche et continuer ma réflexion, puisqu’on peut facilement supposer que les sandres s’y trouvent et qu’il est plus facile de pêcher au fond qu’en suspension (je vous mets au défi de trouver la bonne profondeur de 7 m dans 15 m d’eau !!).

 

Pour ceux qui n’auraient pas de sondeur, l’idée va être de pêcher  en commençant de la bordure et de descendre perpendiculairement à celle-ci. En descendant pallier par pallier, à un moment ou à un autre, vous ressentirez les premières touches. Si ces dernières se trouvent régulièrement sur une même distance de la bordure, le pêcheur n’aura plus qu’à se placer sur cette « ligne » pour pêcher les bordures en parallèle. En procédant ainsi, il pourra pêcher sur une longueur plus importante sur les postes (supposés) des sandres.

 

C’est à ce  moment-là, dès que  la profondeur de pêche est déterminée, que le pêcheur va en quelques dérives alterner entre les cassures, plateaux en pente douce, falaises… pour déterminer les  postes les plus habités.

En procédant ainsi même si le pêcheur ne connaît pas encore l’humeur des sandres, il ne pêche plus dans le vide et ça, c’est important ! Il pratique sur les bonnes profondeurs et les bons postes, les chances de réussites s’en retrouvent d’autant augmentées. Après, tout est une question de présentation des leurres et d’animations. 

La Pêche du Sandre

Mais alors comment arriver à trouver la bonne animation ?

 

Là encore, votre sondeur  va être d’une grande aide. Le plus simple c’est qu’un sandre en suspension dans l’eau est considéré dans 80% des cas comme un poisson actif. A contrario, un poisson posé sur le fond est alors inactif. C’est donc sur l’écran de votre sondeur que vous verrez comment se tiennent les poissons et quelles est leur humeur pour adapter votre animation.

Ensuite, j’ai seulement  deux types animations :   pêche rapide et planante ; pêche lente et agressive.

 

Attention, Pêche rapide ne veut pas dire agressive !! Cela veut dire que l’on passe vite sur les postes pour parcourir du terrain comme en Power Fishing.

 

Donc je favorise une pêche rapide et planante sur  des sandres actifs comme un leurre souple avec une TP par trop plombée (1 g/m d’eau). Pour des sandres inactifs, je vais essayer de les agressés avec une pêche agressive en insistant sur les postes là où je sais qu’il y a du poisson avec des Leurres souple bien plombés (2g/m d’eau).

 

Mon derniers conseil sera à propos des sauves bredouilles !! Les sandres étant très caractériels et souvent inactifs, les pêches très très agressives à dandiner ne sont pas oubliées. Notamment le fameux plomb palette, Jigging Rap et Snap Rap( et d’autres jigs à dandiner…).

 

Cependant, là aussi, il n’y a pas une seul solution et le mieux est de pêcher à plusieurs ce carnassier avec différentes techniques.

La Pêche du Sandre

Conclusion, s’il y a quelques grandes « règles » à respecter, il faut partir  avec les idées suivantes :

 

  - Eté : leurre de 5 à 10cm, hiver : 10 à 15cm.

 

  - Eau claire : leurre à teinte foncée ; eau trouble : leurre à teinte claire

 

  - Poissons actifs (poissons décollés du fond au sondeur, touches violentes…) : nage planante, pêche rapide, etc.

    pour les grammages de leurre souple une base de 1gr/m (ex : 5m = 5gr…)

 

  - Poissons inactifs (poissons tapis au fond au sondeur, touches très timides…): nage agressive, pêche lente, etc.

    pour les grammages de leurre souple, une base de 2gr/m (ex : 10m = 20gr)

 

 

Une fois les premières touches ressenties, c’est là que le pêcheur doit essayer de varier les animations/couleurs/leurres pour trouver la « meilleure » combinaison.

L’élaboration d’une bonne stratégie est la clef de la réussite pour la pêche au sandre. En partant avec simple une première idée et quelques clefs en main, vous allez la peaufiner sur place et tester différentes hypothèses de pêche pour finir par déclencher quelques attaques.

Rédigé par Vincent

Publié dans #carnassiers

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Yannick@matériel de pêche 12/09/2014 12:09

Très beau poisson! Et merci pour tous ces conseils !